Date de début de publication du BOI
Identifiant juridique
BOI-BIC-RICI-10-110
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BIC - Réductions et crédits d'impôt - Crédits d'impôt - Crédit d'impôt au titre des avances remboursables ne portant pas intérêt pour le financement de travaux d'amélioration de la performance énergétique des logements anciens


Actualité liée : 04/05/2022 : BIC - Crédit d'impôt au titre des avances remboursables ne portant pas intérêt pour le financement de travaux d'amélioration de la performance énergétique des logements anciens - Aménagements du dispositif de l'éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ) (loi n° 2019-1479 du 28 décembre 2019 de finances pour 2020, art. 24 et 140 ; loi n° 2021-1900 du 30 décembre 2021 de finances pour 2022, art. 86)

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L’éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ), codifié à l'article 244 quater U du code général des impôts (CGI), est un dispositif d’avances remboursables sans intérêt destinées au financement de travaux de rénovation afin d’améliorer la performance énergétique des logements anciens qui a été introduit par l’article 99 de la loi n° 2008-1425 du 27 décembre 2008 de finances pour 2009.

Ce dispositif permet aux emprunteurs de financer à taux zéro les travaux de performance énergétique des logements à usage d'habitation principale ou destinés à un tel usage.

L'éco-PTZ permet de financer :

- soit des travaux qui correspondent à une ou plusieurs catégories parmi celles prévues par la réglementation ;

- soit des travaux de performance énergétique ayant ouvert droit à l’aide « Habiter Mieux » accordée par l'Agence nationale de l'habitat (ANAH) ;

- soit des travaux permettant d'atteindre une performance énergétique globale minimale du logement ;

- soit des travaux de performance énergétique ayant ouvert droit à l’aide « MaPrimeRénov’ » accordée par l'ANAH ;

- soit des travaux de réhabilitation de systèmes d'assainissement non collectif par des dispositifs ne consommant pas d'énergie.

Le dispositif est plafonné à 30 000 € par logement ou 50 000 € par logement s’agissant des travaux permettant d’atteindre une performance énergétique globale minimale.

Afin de compenser l’absence d’intérêts des éco-PTZ qu’ils distribuent, les établissements de crédits et les sociétés de financement bénéficient d’un crédit d'impôt imputable à hauteur d'un cinquième de son montant sur l'impôt sur les bénéfices dû au titre de l'année au cours de laquelle les avances remboursables ont été versées, puis par fractions égales sur l'impôt dû au titre des quatre années suivantes.

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Pour les offres d'avances émises avant le 1er janvier 2011, l'éco-PTZ peut être cumulé avec le crédit d'impôt prévu à l'article 200 quater du CGI lorsque le montant des revenus du foyer fiscal tel que défini au IV de l'article 1417 du CGI n'excède pas 45 000 € l'avant-dernière année précédant celle de l'offre de l'avance (loi n° 2009-122 du 4 février 2009 de finances rectificative pour 2009, art. 8).

Ce montant des revenus du foyer fiscal ne doit pas excéder 30 000 € l'avant-dernière année précédant celle de l'offre de l'avance pour les offres émises à compter du 1er janvier 2012 (loi n° 2011-1977 du 28 décembre 2011 de finances pour 2012, art. 81).

La loi n° 2011-1977 du 28 décembre 2011 de finances pour 2012 a également porté, pour les offres d'avances émises à compter du 1er avril 2012, la durée de remboursement à 180 mois lorsque ces offres financent des travaux relevant d'au moins trois catégories ainsi que pour ceux permettant d'atteindre une performance énergétique minimale.

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L'éco-PTZ est également ouvert aux syndicats de copropriétaires pour financer les travaux d’économie d’énergie réalisés sur les parties communes de la copropriété ou les travaux d’intérêt collectif réalisés sur les parties privatives. Un copropriétaire participant à un éco-prêt collectif peut par ailleurs demander un éco-prêt « complémentaire », afin de financer les travaux qu’il souhaiterait réaliser sur son seul logement en complément des travaux votés par la copropriété (loi n° 2011-1978 du 28 décembre 2011 de finances rectificative pour 2011, art. 43).

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Pour les offres d'avances émises à compter du 1er septembre 2014 en France métropolitaine et à compter du 1er octobre 2015 en Guadeloupe, en Martinique, en Guyane, à La Réunion et à Mayotte, les entreprises réalisant les travaux prévus aux 1° et 2° du 2 du I de l'article 244 quater U du CGI doivent remplir certains critères de qualification fixés par décret (loi n° 2013-1278 du 29 décembre 2013 de finances pour 2014, art 74).

L’article 3 de la loi n° 2014-891 du 8 août 2014 de finances rectificative pour 2014 a transféré la responsabilité d’attester de l’éligibilité des travaux, incombant initialement à la banque, vers les entreprises réalisant ces travaux.

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Pour les offres d'avances émises à compter du 1er janvier 2015, le dispositif est étendu aux logements dont le permis de construire a été déposé avant le 1er mai 2010 pour les départements de Guadeloupe, de Martinique, de Guyane, de La Réunion et de Mayotte (loi n° 2014-1654 du 29 décembre 2014 de finances pour 2015, art. 14).

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Pour les offres d'avances émises à compter du 1er janvier 2016, l'éco-PTZ peut financer des travaux de performance énergétique ayant ouvert droit à une aide accordée par l'ANAH au titre de la lutte contre la précarité énergétique (dit éco-PTZ « Habiter Mieux »). La durée de réalisation des travaux au terme de laquelle l'emprunteur doit justifier de leur réalisation auprès de l'établissement bancaire ou de la société de financement est harmonisée à trois ans.

Par dérogation au principe d'unicité de l'éco-PTZ, les offres émises à compter du 1er juillet 2016 permettent d'obtenir pour le même logement un éco-PTZ complémentaire afin de financer d'autres travaux correspondant au moins à l'une des catégories de travaux mentionnées au 1° du 2 du I de l'article 244 quater U du CGI et dans la limite du plafond de 30 000 € (loi n° 2015-1785 du 29 décembre 2015 de finances pour 2016, art. 108).

Pour les offres d'avances émises à compter du 1er mars 2016, la condition de ressources permettant de bénéficier du cumul du crédit d’impôt pour la transition énergétique (CITE) et de l’éco-PTZ est supprimée (loi n° 2016-1917 du 29 décembre 2016 de finances pour 2017, art. 23).

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Pour les offres d'avances émises à compter du 1er mars 2019, la condition de « bouquet de travaux » est supprimée. L’éco-PTZ permet ainsi de financer des travaux qui correspondent à une ou plusieurs des catégories prévues par la loi.

Pour les offres d'avances émises à compter du 1er juillet 2019, la durée maximale d'emprunt est uniformisée à quinze ans indépendamment du nombre d'actions de travaux financées.

La condition d’ancienneté du logement est abaissée à deux ans et le dispositif s’ouvre à une nouvelle action éligible (« travaux d’isolation des planchers bas »).

Les règles encadrant l’éco-PTZ à un syndicat de copropriétaires sont simplifiées par la suppression du seuil des quotes-parts devant être compris dans des lots d’habitation et l'extension des possibilités de cumul d’un éco-PTZ complémentaire après un premier éco-PTZ attribué à un syndicat de copropriétaires (loi n° 2018-1317 du 28 décembre 2018 de finances pour 2019, art. 184).

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Pour les offres d'avances émises à compter du 1er juillet 2019, le délai de justification par l’emprunteur de la réalisation des travaux ouvrant droit à l’éco-PTZ, prévu au 5 du I de l’article 244 quater U du CGI, est aménagé en cas de circonstances particulières (décès ou accident de santé de l’emprunteur entraînant une interruption temporaire de travail d'au moins trois mois, catastrophe naturelle ou technologique, contestation contentieuse de l’opération ou force majeure) (loi n° 2019-1479 du 28 décembre 2019 de finances pour 2020, art. 24).

Par ailleurs, pour les offres d'avances émises à compter du 1er juillet 2015 accordées à un syndicat de copropriétaires, la date d’octroi de l’avance, point de départ du délai imparti à l’emprunteur pour justifier de la réalisation des travaux, s’entend de la date de signature par l'emprunteur du contrat de prêt mentionné à l'article 26-5 de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 modifiée fixant le statut de la copropriété des immeubles bâtis (loi n° 2019-1479 du 28 décembre 2019 de finances pour 2020, art. 24).

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Pour les offres d'avances émises à compter du 1er avril 2020, les sociétés de tiers-financement (STF) peuvent distribuer, à titre expérimental et jusqu’au 31 décembre 2023, des éco-PTZ « performance énergétique globale » et « copropriétés » dans les régions des Hauts-de-France et d'Ile-de-France (loi n° 2019-1479 du 28 décembre 2019 de finances pour 2020, art. 140 et loi n° 2021-1900 du 30 décembre 2021 de finances pour 2022, art. 86).

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Pour les offres d'avances émises à compter du 1er juillet 2022, l’article 86 de la loi n° 2021-1900 du 30 décembre 2021 de finances pour 2022 instaure une nouvelle catégorie d’éco-PTZ destiné à financer le reste-à-charge des travaux d'amélioration de la performance énergétique du logement ayant ouvert droit à la prime de transition énergétique mentionnée au II de l'article 15 de la loi n° 2019-1479 du 28 décembre 2019 de finances pour 2020, dite « MaPrimeRénov’» (MPR). Dans le cadre de la mobilisation combinée de ces deux dispositifs, les modalités de constitution et d’instruction des dossiers d’éco-PTZ sont simplifiées.

En outre, pour les offres d'avances émises à compter du 1er janvier 2022, s’agissant des travaux permettant d'atteindre une performance énergétique globale minimale du logement, le plafond de l’éco-PTZ est porté de 30 000 € à 50 000 € et la durée maximale de remboursement de quinze à vingt ans.

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À ce titre, le présent chapitre traitera successivement :

-  du champ d'application (section 1, BOI-BIC-RICI-10-110-10) ;

- des modalités d'application (section 2, BOI-BIC-RICI-10-110-20) ;

- de la remise en cause et du contrôle (section 3, BOI-BIC-RICI-10-110-30).